Archive pour 3 janvier, 2010

La désaffection des étudiants pour les universités s’amplifie

La désaffection des étudiants pour les universités s'amplifie dans Pol-Actualite et Politique. Axelle_fac2

La hausse sans précédent du nombre d’étudiants étrangers inscrits compense le recul.

La désaffection pour les études à l’université entamée en 2004 se poursuit. C’est ce que révèle une note d’information du ministère de l’Enseignement supérieur. Les effectifs universitaires diminuent de 1,1 % en 2008-2009 par rapport à l’année précédente, pour un total de 1 203 300 étudiants. Le cursus en sport (Staps) et les disciplines littéraires sont les plus affectées par la baisse : respectivement 6,5 % et 4,7 % d’étudiants en moins en 2008, un recul toutefois moins marqué que ceux des années précédentes. Les sciences sont moins concernées par la baisse (-1,5 %).

Tous ces cursus sont victimes de la baisse des recrutements d’enseignants décidée par l’État, l’un de leurs principaux débouchés. Sans doute souffrent-ils par ailleurs des perspectives d’avenir souvent floues qu’ils proposent à leurs étudiants. Quelques disciplines tirent toutefois leur épingle du jeu, en économie, en droit et en médecine avec une augmentation des effectifs comprise entre 1 et 2,8 %. Les instituts universitaires technologiques (IUT) connaissent eux un succès certain.

 

Le secteur privé prospère

Le recul des effectifs étudiants à l’université est en partie camouflé par la hausse sans précédent du nombre d’étrangers qui sont très majoritairement inscrits, loin devant les jeunes Français. Ils étaient 266 000 dans le supérieur en 2008-2009, un nombre record. Les étudiants chinois, de plus en plus nombreux, sont désormais la deuxième population étudiante étrangère, juste après les étudiants marocains. Les Algériens dont le nombre a baissé de 7 % en deux ans représentent la troisième population étrangère. Les universités accueillent certains de ces étudiants étrangers «pour pallier la fuite des étudiants autochtones», estime le sociologue et ancien chercheur au CNRS, Pierre Dubois.

Toutes les autres formations de l’enseignement supérieur profitent de ce déclin de l’université depuis dix ans. Les écoles paramédicales et sociales, les écoles artistiques et culturelles, d’architecture, les classes prépara­toires aux grandes écoles ont connu des hausses d’effectifs atteignant, cas extrême, jusqu’à 94,6 % pour les écoles de commerce ! De fait, alors que l’enseignement public fait grise mine, l’enseignement supérieur privé prospère et rassemble désormais 370 300 étudiants. De 1998 à 2008, le nombre d’étudiants du secteur privé a augmenté de 46,6 % !

Source: Le Figaro

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